A la découverte d'Ortale


Article rédigé par Alain Paoli

 

 

Pour qui prend la route de la Castagniccia après avoir traversé Cervione et u Cotone, le chemin peut sembler interminable, notamment lorsque, voyant les villages sur l'autre rive de Busso, il bifurque dans la gorge de Tulloria. Mais la récompense viendra lorsqu'au sortir d'un virage, il découvrira Ortale s'étirant sous la route. Celui qui dépasse sans s'arrêter les quelques maisons qui bordent cette route n'aura pas conscience des différentes facettes de ce lieu chargé d'histoire.

 

 

Voici quelques thèmes que je propose de vous faire découvrir dans une chronique régulière sur ce site.

 

La route dont nous venons de parler date du second empire. Auparavant, elle passait sous le village, et c'est celle-ci que le baron Théodore de Neuhoff emprunta avec sa suite lorsque, venant de Cervione, il alla chercher la couronne de Corse au couvent franciscain d'Alesani. Au centre du village, l'église majestueuse du XVIIème cache que la chapelle de Santa Maria Vecchia était connue au IXème au cartulaire des moines de Monte Christo. Les vieilles maisons de Tozza qui n'existent pratiquement plus, étaient posées selon un schéma comparable à un château fort sur l'escarpement rocheux dont Ortale tire probablement son nom. C'était là le siège de la famille des caporaux d'Ortale qui s’illustrèrent lors de la guerre des Cinarchesi au XVème. Le village fut détruit à cette occasion tout comme il l'avait déjà été au siècle précédent lors de la croisade des Giovannali.

 

 

Le village qui compta jusqu'à 300 habitants occupa une place importante dans la vie sociale du canton. Son économie, principalement agricole était tournée vers les châtaignes, les olives, la vigne, le lin, le chanvre et les jardins. Les ortalais ont toujours été tournés vers l'extérieur aussi bien en Corse, que sur le continent ou plus loin en Afrique du nord ou aux Amériques. Parallèlement plusieurs familles venant d'Italie ont été intégrées. Au XXème, Ortale connut l'évolution démographique commune à toute la Corse, mais les Ortalais disséminés ont su garder leur âme et sont fiers de se retrouver chaque année lors de la fête patronale de Santa Maria Assunta.

 

A suivre...